Accompagner les étudiants à l’université pour les aider à construire et personnaliser leur parcours

Cet accompagnement se met en place progressivement depuis quelques années dans les formations universitaires de licence, à la fois par le biais de la professionnalisation (ce qu’on appelle quelquefois le « projet personnel et professionnel de l’étudiant »), et par le biais des contrats pédagogiques de réussite qui vont être généralisés par la loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants).

Contrats pédagogiques de réussite

Ces contrats vont concerner l’ensemble des étudiant·es, au-delà donc des décrocheurs/étudiant·es en difficulté. Et c’est tout le sens de cette démarche d’accompagnement : permettre à chaque étudiant·e de pouvoir discuter de ses choix, s’assurer de leurs cohérences avec son projet… et réfléchir à ce projet !

Car pas plus à l’université qu’au lycée, les étudiant·es n’ont les codes pour savoir comment construire leur parcours. D’ailleurs, ils ne veulent quelquefois même pas y réfléchir. Parce que c’est éminemment anxiogène, et qu’il est plus simple d’être dans une posture de « consommateurs » d’enseignements.

Lutter contre les inégalités sociales

Mais certain·es appartiennent à un milieu familial qui les aidera à passer le cap, en les guidant dans leurs choix. De la même façon qu’au lycée, ils ont bénéficié de dispositifs d’orientation précoces et très complets. A cet égard, les résultats de l’étude d’Agnès Van Zanten, directrice de recherches à Sciences po, sont révélateurs : sur quatre lycées de la région parisienne observés, le service d’orientation proposé aux élèves est fondamentalement différent : « alors que dans les deux lycées accueillant une majorité de bons élèves issus des classes supérieures et moyennes, on observe un haut degré d’organisation, d’anticipation et de personnalisation de l’orientation, dans les deux plus défavorisés les informations et conseils sont moins cohérents et plus génériques. Ils sont en plus donnés tardivement et au coup par coup ».

Cette démarche de construction du parcours répond donc à un objectif de lutte contre les inégalités sociales. Elle se double également d’une exigence forte : préparer les étudiant·es à un monde professionnel où ils auront besoin d’être autonomes, d’être capable de mener de véritables analyses des situations complexes, que ce soit seul ou en équipe.

Pour cela, ils doivent devenir acteurs de leur propre parcours. Ce parcours n’est pas nécessairement le même pour tous, parce que leur objectif final n’est pas le même, parce que la route qu’ils ont prise jusqu’ici n’est pas forcément la même.

Rendre les réorientations possibles

Mais la construction de ce parcours, l’orientation, n’est pas nécessairement un tracé linéaire : il faut pouvoir faire des essais, et accepter l’erreur. Il faut donc du temps pour essayer, évaluer, et choisir. Et des passerelles pour ne pas créer de ghettos. Ce qui ne veut pas dire que les réorientations sont toujours simples, et en tout cas, certainement pas qu’elles sont immédiates. Mais il est important de les rendre possibles. Parce que les vies professionnelles vont devenir plus complexes. Parce que tout le monde a le droit de changer. Faire des choix définitifs très jeune est anxiogène et peut-être contre-productif !

Pour aller plus loin :

Sur la loi ORE

Loi ORE, entre ambition et questionnements

Bilan des groupes de travail sur les arrêtés « Cadre national des formations » et « Licence »

Que contient le nouvel arrêté licence ?

Sur la présentation d’exemples de modalités d’intervention en PPPE (projet personnel et professionnel de l’étudiant) :

S’entrainer à la dissertation

En TD « parcours d’insertion », le défi : s’exprimer avec le corps

Réfléchir à un métier en TD « parcours d’insertion