Travailler en REP+

La mise en place des REP+ a modifié les conditions de travail

La mise en œuvre des REP+ à la rentrée 2014 a sensiblement modifié les pratiques pédagogiques des collègues. Elle oblige au travail en réseau, piloté par l’IEN, le principal de collège et le coordonnateur. Elle offre des modifications significatives des conditions de travail des collègues : temps de rencontres et de formation inclus dans le temps de travail, augmentation des indemnités spécifiques, personnels supplémentaires dans les écoles et établissements, le tout s’appuyant sur le référentiel spécifique à l’éducation prioritaire. Ce référentiel détaille les missions particulières des enseignants, avec l’objectif de réussite des élèves.

En REP+ , travailler en équipe : un impératif !

Travailler en équipe, assurer le suivi individuel du parcours de l’élève avec bienveillance et exigence, coopérer  effectivement et efficacement avec les parents et les partenaires, cela ne se décrète pas. Cela implique une remise en cause des pratiques pédagogiques, indissociable d’une formation tant initiale que continue.
La dotation horaire spécifique 1° et 2° Degré en Rep + est dévolue au travail d’équipe, mais aussi aux rencontres avec les familles et les partenaires. Pour le Sgen-CFDT, encourager les équipes à travailler ensemble est un premier pas vers l’école que nous voulons, qui favorise l’autonomie des équipes dans leurs pratiques quotidiennes.

Quels objectifs au travail d’équipe en REP+ ?

Travailler efficacement ensemble, c’est améliorer la connaissance et la gestion des difficultés des élèves, en équipe élargie incluant le secteur médico-social et les partenaires. C’est aussi une répartition du travail quotidien de préparation, une cohérence et une complémentarité des apprentissages et des pratiques pédagogiques tout au long de la scolarité. C’est enfin partager la responsabilité des réussites et des échecs et rechercher ensemble, enseignant·es, équipes médico-sociales et partenaires, des solutions aux problèmes rencontrés. La mise en place des « maitres + » dans les écoles élémentaires illustre ces pratiques par la production d’outils communs, d’emplois du temps modifiés, de travail en binôme et en ateliers au sein du cycle… Ce dispositif est aujourd’hui, hélas, trop souvent remplacé par les classes de CP et de CE1 à 12, imposées sans concertation.

Mais la mise en œuvre de la pondération en REP+ dans le second degré se heurte à de nombreux écueils

Si dans le premier degré, les enseignants bénéficient à juste titre d’heures pour mettre en œuvre un projet collectif (par année scolaire, 6 jours pour travailler en équipe et 3 jours pour la formation), ce n’est pas le cas pour le second degré. Il s’agit en effet de pondération horaire, c’est à dire que les personnels bénéficient de plus d’une heure par semaine (1,1 heure), déduite de leur temps de présence élèves ou payée en heures supplémentaires, pour mettre en œuvre le projet de réseau.  Cependant, les collègues travaillant dans le réseau des 102 REP+ « préfigurateurs » y perdent parfois leurs illusions.

Dans les collèges, la pondération peut ainsi dégrader les conditions de travail,

– quand elle est intégrée dans les dotations horaires en heures supplémentaires uniquement,

– quand elle se traduit par une comptabilité tatillonne de la part de l’équipe de direction,

– quand elle conduit à faire de « l’occupationnel » systématique non relié à un projet d’ensemble,

– quand le choix du moment accordé au travail d’équipe n’est pas concerté mais imposé.

Pour le Sgen-CFDT, dans le cadre de la préparation de rentrée 2018 en REP+, il faut absolument revendiquer :

– au niveau des rectorats , un abondement en Heures Postes des Dotations Horaires Globales,

– au niveau des établissements, la construction d’un projet collectif et cohérent d’utilisation du temps, avec l’ensemble des personnels, dans le cadre par exemple du conseil pédagogique.

Du temps pour travailler ensemble !

L’implication et la coordination de l’ensemble des acteurs (écoles, collège, parents, partenaires) est la condition indispensable à la réussite d’un projet de réseau. Pour le Sgen-CFDT, cela ne peut se faire que si l’on intègre des temps de rencontre dans le temps de travail de tous les personnels.

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